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Réunions. L’holacratie, une méthode qui permet de gagner en efficacité

Interminables, soporifiques… Les réunions plombent les entreprises. L’holacratie chamboule les processus de décision au travail. L’essayer, c’est l’adopter ?

Sur la table, un programme, un pot de confiture à la banane et un élastique attendent chacun des sept participants à la réunion. Autour, Richard, Sandrine, Elisabeth, Gilles, Vincent, entrepreneurs, consultants ou salariés de grandes entreprises (Renault Nissan Consulting, Engie…), venus découvrir une méthode d’organisation du travail très particulière, autour d’un jeu de rôles.

Créé en 2007

« La confiture, c’est parce que nous allons travailler chez Apifruits, le paradis du fruit bio. L’élastique, c’est parce qu’en holacratie, tout part des tensions », préviennent les formateurs, Isabelle Rappart et Bastoun Talec, cofondateurs de la société Happywork. Conçu et développé par l’Américain Brian Robertson, qui cherchait à améliorer les processus de décision dans sa société, le concept fait son apparition en 2007.

Forgé à partir du grec holon (entier) et kratos (pouvoir), il ne supprime pas l’autorité, mais propose de la partager entre les salariés.

« C’est vraiment un moyen de rendre les organisations plus fluides », assure Isabelle Rappart. « La hiérarchie traditionnelle a fait ses preuves tout au long du XXe siècle, mais les procédures créent beaucoup de frustration chez les Millennials (personnes nées entre 1980 et 2000) », complète Bastoun Talec.

« Tout ce qui chatouille »
L’holacratie, elle, a surtout le grand mérite de révolutionner la « réunionite » dont souffrent les « vieilles » organisations.

Les participants à la formation se mettent dans la peau des salariés d’Apifruits, PME fictive de vente de fruits. La réunion qu’ils simulent est « sans ordre du jour ». Invités à évoquer librement « tout ce qui chatouille », ils parlent d’orties dans les vergers, du parking boueux, de l’inventaire en retard, proposent des solutions, partagent leurs informations…

En moins d’une heure, une trentaine de soucis ont trouvé une solution, et le compte rendu de qui s’est engagé à quoi, est consigné en direct. Les acteurs sont bluffés par l’efficacité de l’exercice. « Ça fonctionne très bien parce que chacun est un maillon de la chaîne, avec des rôles bien définis », résume Patricia, qui a percé l’un des secrets de l’holacratie. Chacun y tient un rôle, structuré autour d’une « raison d’être », des « redevabilités » et un « domaine » de compétences. L’ensemble donne toute autorité, non à la personne, mais au détenteur du rôle correspondant au problème soulevé.

« C’est effrayant pour certains, surtout pour les managers, mais c’est très puissant », glisse Isabelle Rappart en guise de conclusion. Motivé, celui qui tient le rôle « va pouvoir y aller à fond ». Avec de vrais gains de temps et de productivité pour les entreprises, et un intérêt renouvelé dans le travail pour les salariés convertis à l’holacratie.

L’holacratie, ce n’est pas pour les hippies

Le terme, étrange, et le raccourci consistant à croire que l’holacratie viserait à « court-circuiter » les hiérarchies en place peuvent rendre la méthode suspecte aux yeux de certains. Elles intéressent pourtant de nombreuses entreprises, et pas que de petites structures. En France, de grands groupes comme Danone et Castorama s’y sont essayés. Dans l’Ouest, la coopérative Scarabée Biocoop, basée à Rennes, s’y est pleinement convertie. Parmi les gros clients d’Happywork figurent Sodexo et Engie, qui a adopté la méthode pour 500 de ses collaborateurs, répartis en huit cercles. «Les premiers résultats sur deux enjeux clés se sont manifestés au bout de quelques mois: un temps de réponse clients interne divisé par deux et une motivation sensiblement améliorée », témoigne Claude Philoche, directeur de la division Bio chez Engie.

Source : https://www.ouest-france.fr/economie/entreprises/management/reunions-l-holacratie-une-methode-qui-permet-de-gagner-en-efficacite-5544662

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